Hervé Sika est un danseur chorégraphe de Tremblay (Seine St Denis, banlieue de Paris), je l’ai rencontré en 2008 au Québec lors d’un reportage pour Jeunesse et Sport dans le cadre de l’université d’été de l’Institut du Nouveau Monde (quelques images sur mon myspace)
Artiste engagé, Hervé a choisit de travailler sur les migrations depuis 2009 avec sa compagnie MOOD/RV6K. Il a déjà rencontré environ 400 habitants de Seine-Saint-Denis, de toutes générations.
Quand je lui ai parlé de mon projet « Femmes de Paroles et d’Espoir » réalisé à Strasbourg au Foyer d’accueil Femmes de Paroles, il m’a suggéré d’unir notre savoir-faire respectif pour créer un atelier socio-culturel.
Ainsi, nous avons proposé à un groupe de femmes de l’atelier socio-linguistique du Centre Social André Malraux un projet sur le thème de la migration à travers la photo.
Le fruit de cette collaboration est actuellement exposé à la médiathèque de Villepinte jusqu’au 15 juin. Un livre sera édité très prochainement.

(cliquez sur l’image pour l’agrandir)
LE PROJET :
La médiathèque est en soi un lieu de migration. Les gens y entrent pour y prendre un livre et s’y plonger pendant des heures. Ils viennent prendre des nouvelles du monde en ouvrant les journaux, les livres de géographie ou de société. On y rencontre des destinées incroyables, réelles et fictives, des gens de tous horizons : autant de sources de Migrations. Pourtant, ces migrations par le véhicule du mot ne semblent pas toujours accessibles, notamment aux habitants n’ayant pas la maîtrise parfaite de la langue française.
La Cie Mood/RV6K a décidé d’aller à la rencontre des femmes de l’atelier socio-linguistique du Centre Social André Malraux, afin de construire ensemble une autre expérience de Migration, collective et artistique. Interroger la « migration », c’est envisager l’origine, et le lieu où l’on est, où l’on habite et travaille. C’est aussi rêver à un ailleurs. Ces trois mouvements ont été envisagés par un travail de photographie et d’écriture.
Tenter de maîtriser son environnement en le nommant et en l’écrivant dans une langue partagée. Et lorsque les mots manquent, rendre palpable le souvenir à travers un objet d’origine, ou le présent en le photographiant. Cette exposition est le résultat de cette expérience commune, découpée en quatre grandes étapes :
1- Lors de la première rencontre entre les participantes et la Cie Mood/RV6K, chaque femme a apporté un objet représentant son origine, chacune a raconté cet objet, et chaque objet a été photographié par Benoît Facchi. Parler de soi à travers un objet auquel on tient, ou juste parler, sans que plus de questions soient posées, sans franchir les limites de la pudeur.
2- De l’oral nous sommes passés à l’écrit : avec l’aide des bénévoles, les participantes ont rédigé ces quelques lignes à propos de l’objet ramené, à travers lequel elles se racontent elles-mêmes.
3- A l’aide d’appareils photo jetables, chaque femme s’est emparée de son présent.
4- A partir de ce constat, le futur a pu se dessiner…
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