
Gedhun Choekyi Nyima, est né le 25 Avril 1989 dans le district Lhari de Nagshu, au Tibet . Vif et intelligent, il est doué d’un esprit délié. Son comportement est posé et sérieux et son discours est franc et direct. Il fut capable de parler très jeune, et dit « Je suis le Panchen, mon monastère est celui de Tashilhunpo. Je siège sur un trône élevé. » A l’âge de six ans, en 1995, il fut proclamé comme étant la vraie réincarnation du précèdent 10ème Panchen Lama, le deuxième dirigeant spirituel le plus élevé du Tibet et fut reconnu par Sa Sainteté le Dalaï Lama.
Cependant, comme ses compatriotes tibétains, il est aussi devenu une victime de la brutalité de la Chine.
Peu de jours après la proclamation, le 17 Mai 1995, il y a 15ans aujourd’hui, le petit garçon de six ans et ses parents disparurent de leur maison, emmenés en garde à vue par la police chinoise.
A ce jour, on ignore où Gedhun Choekyi Nyima se trouve et quel est son état de santé.
La tradition spirituelle tibétaine veut que le Panchen Lama reçoive au monastère de Tashi Lhunpo des soins pour son bien-être , l’instruction et une éducation religieuse adéquate. Cependant, Gedhun Choekyi Nyima est toujours gardé en détention dans des conditions de secret absolu.
Malgré les appels répétés du Gouvernement Tibétain en Exil, d’autres gouvernements affectés, et d’organisations internationales, la Chine a refusé de fournir des informations sur le lieu de détention de Gedhun Cheokyi Nyima ou d’autoriser un observateur indépendant à le voir, lui et ses parents et à confirmer qu’ils se portent bien. En fait, les autorités chinoises ont complètement nié sa détention durant les douze premiers mois. La Chine n’a finalement admis qu’elle détenait le petit garçon et ses parents que le 28 Mai 1996.
La sécurité et l’avenir de Gedhun Choekyi Nyima est un sérieux sujet de craintes. Sa disparition éveille des inquiétudes car cela représente une transgression flagrante des droits humains de l’enfant.
Condamnant la proclamation faite par le Dalaï Lama et ignorant les conventions historiques concernant la reconnaissance des réincarnations, le 25 Novembre 1995, les autorités chinoises firent un tirage au sort dans une urne d’or pour choisir leur propre « Panchen Lama ». Gyaltsen Norbu, âgé de six ans fut choisi et en conséquence intronisé le 8 Décembre 1995, déclenchant des protestations massives dans tout le Tibet. Selon des sources à Pékin, Gyaltsen Norbu ne rendit visite au Tibet qu’en de brèves occasions. « Il fut reçu de façon très mitigée » dit une source, « et maintenant, ils estiment qu’il est préférable de le garder ici [Pékin]« .
Alors que la Chine a pendant longtemps dénoncé le Bouddhisme tibétain et son système de réincarnations comme étant « féodal » et « réactionnaire », le régime athée semble plus que désireux d’abandonner sa position antireligieuse virulente dans le cas du Panchen Lama. La Chine a supprimé toutes les coutumes de recherches de réincarnations.En conséquence, la plupart des monastères du Tibet est laissée sans remplacement de leur plus importantes figures religieuses. Cependant, dans le cas du Panchen Lama, les dirigeants du Parti Communiste autorisèrent la recherche de sa réincarnation dans l’intention de conserver un contrôle ferme sur les affaires religieuses du peuple tibétain assujetti. En désignant leur propre choix du Panchen Lama, la Chine a politisé les questions purement religieuses. Le geste de la Chine sacrant un nouveau Panchen Lama a révélé son désir de consolider et d’étendre sa maîtrise sur les affaires temporelles et religieuses des Tibétains.
La Chine a annoncé que l’action du Dalaï Lama « rencontra une forte opposition venant des cercles bouddhistes tibétains. » Cependant ils semblaient avoir peu de foi dans leurs propres paroles. Peu après la proclamation faite par le Dalaï Lama, des militaires chinois furent envoyés au monastère de Tashi Lhunpo, et des séries d’arrestations furent menées en parallèle avec la question de la réincarnation.
Aujourd’hui dans les monastères du Tibet, des équipes de travail chinoises forcent les moines et les nonnes à dénoncer le Panchen Lama choisi par le Dalaï Lama et interdisent sa photographie, sous peine de 7 années d’emprisonnement.
Le 1er septembre 2007, la Chine a passé une nouvelle loi : « Tous les maîtres bouddhistes, y compris le Dalaï-Lama, ne peuvent pas être réincarnés sans la permission du gouvernement chinois » !!!
Le faux Panchen Lama chinois a été envoyé il y a 3 jours sur les lieux du séisme pour apporter du soutient à la population touchée majoritairement tibétaine. Triste réponse à leur demande au gouvernement chinois de permettre au Dalaï-Lama de les visiter (il n’est plus revenu dans son pays depuis sa fuit en 1959)…
Pour en savoir d’avantage sur le le 11ème Panchen Lama, ça se passe ici
Cette photo a été prise le 10 mars dernier à Dharamsala en Inde, lors de la manifestation du 51eme anniversaire du soulèvement national tibétain. Toute la population exilée des environs y a participé ou presque, y compris les étudiants.

(cliquez sur l’image pour l’agrandir)
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