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Militant

La culture en danger

juin 7, 2010

Le 19 décembre dernier, à l’initiative de Claude Bartolone, Président du Conseil général et Député de la Seine-Saint-Denis, en présence de Jack Ralite, Sénateur de la Seine-Saint-Denis, plus de 200 acteurs culturels du département se sont réunis pour lancer le mouvement national de mobilisation La Culture en danger.

Extrait de l’appel :
…Nous, citoyens, artistes, acteurs culturels, élus territoriaux, refusons la remise en cause profonde de la politique culturelle française aujourd’hui menacée par les réformes en cours.
Nous n’acceptons pas que la mise en faillite organisée d’un système public de référence ampute à court et à moyen terme l’ensemble des territoires de la qualité de leur maillage artistique et culturel. La crise de valeurs est profonde, elle est assumée par un gouvernement qui en multipliant les pseudo-réformes, détricote de manière minutieuse le maillage culturel français et remet en cause les fondements d’une politique de référence…

©2010 Benoit FACCHI

Photomontage de danseurs de la Cie MOOD/RV6K au Théâtre Louis Aragon de Tremblay (93 Seine St Denis)

Pour anecdote, quand j’étais sur Paris pour le projet Migration(s), une affichette de la RATP dans le métro m’a marqué. Celle-ci demande aux voyageurs de ne plus donner la pièce aux artistes ambulants sous prétexte qu’ils dérangent les usagers. Elle mentionne que la RATP organise chaque année un casting pour sélectionner « des musiciens de qualité » qui seront autorisés à jouer uniquement dans les couloirs du métro…
Ça y est, la Star’Ac s’est infiltrée dans les sous-sols de la capitale, bientôt on va tous écouter la même musique bleu-blanc-rouge… Souriez, vous serez filmés :D Et s’il vous vient à l’esprit de laisser libre à votre créativité le temps d’un voyage entre deux stations… Dégagez !!

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Hervé Sika est un danseur chorégraphe de Tremblay (Seine St Denis, banlieue de Paris), je l’ai rencontré en 2008 au Québec lors d’un reportage pour Jeunesse et Sport dans le cadre de l’université d’été de l’Institut du Nouveau Monde (quelques images sur mon myspace)
Artiste engagé, Hervé a choisit de travailler sur les migrations depuis 2009 avec sa compagnie MOOD/RV6K. Il a déjà rencontré environ 400 habitants de Seine-Saint-Denis, de toutes générations.
Quand je lui ai parlé de mon projet « Femmes de Paroles et d’Espoir » réalisé à Strasbourg au Foyer d’accueil Femmes de Paroles, il m’a suggéré d’unir notre savoir-faire respectif pour créer un atelier socio-culturel.
Ainsi, nous avons proposé à un groupe de femmes de l’atelier socio-linguistique du Centre Social André Malraux un projet sur le thème de la migration à travers la photo.

Le fruit de cette collaboration est actuellement exposé à la médiathèque de Villepinte jusqu’au 15 juin. Un livre sera édité très prochainement.

©2010 Benoit FACCHI
(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

LE PROJET :

La médiathèque est en soi un lieu de migration. Les gens y entrent pour y prendre un livre et s’y plonger pendant des heures. Ils viennent prendre des nouvelles du monde en ouvrant les journaux, les livres de géographie ou de société. On y rencontre des destinées incroyables, réelles et fictives, des gens de tous horizons : autant de sources de Migrations. Pourtant, ces migrations par le véhicule du mot ne semblent pas toujours accessibles, notamment aux habitants n’ayant pas la maîtrise parfaite de la langue française.

La Cie Mood/RV6K a décidé d’aller à la rencontre des femmes de l’atelier socio-linguistique du Centre Social André Malraux, afin de construire ensemble une autre expérience de Migration, collective et artistique. Interroger la « migration », c’est envisager l’origine, et le lieu où l’on est, où l’on habite et travaille. C’est aussi rêver à un ailleurs. Ces trois mouvements ont été envisagés par un travail de photographie et d’écriture.

Tenter de maîtriser son environnement en le nommant et en l’écrivant dans une langue partagée. Et lorsque les mots manquent, rendre palpable le souvenir à travers un objet d’origine, ou le présent en le photographiant. Cette exposition est le résultat de cette expérience commune, découpée en quatre grandes étapes :
1- Lors de la première rencontre entre les participantes et la Cie Mood/RV6K, chaque femme a apporté un objet représentant son origine, chacune a raconté cet objet, et chaque objet a été photographié par Benoît Facchi. Parler de soi à travers un objet auquel on tient, ou juste parler, sans que plus de questions soient posées, sans franchir les limites de la pudeur.
2- De l’oral nous sommes passés à l’écrit : avec l’aide des bénévoles, les participantes ont rédigé ces quelques lignes à propos de l’objet ramené, à travers lequel elles se racontent elles-mêmes.
3- A l’aide d’appareils photo jetables, chaque femme s’est emparée de son présent.
4- A partir de ce constat, le futur a pu se dessiner…

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Gedhun Choekyi Nyima, est né le 25 Avril 1989 dans le district Lhari de Nagshu, au Tibet . Vif et intelligent, il est doué d’un esprit délié. Son comportement est posé et sérieux et son discours est franc et direct. Il fut capable de parler très jeune, et dit « Je suis le Panchen, mon monastère est celui de Tashilhunpo. Je siège sur un trône élevé. » A l’âge de six ans, en 1995, il fut proclamé comme étant la vraie réincarnation du précèdent 10ème Panchen Lama, le deuxième dirigeant spirituel le plus élevé du Tibet et fut reconnu par Sa Sainteté le Dalaï Lama.
Cependant, comme ses compatriotes tibétains, il est aussi devenu une victime de la brutalité de la Chine.
Peu de jours après la proclamation, le 17 Mai 1995, il y a 15ans aujourd’hui, le petit garçon de six ans et ses parents disparurent de leur maison, emmenés en garde à vue par la police chinoise.
A ce jour, on ignore où Gedhun Choekyi Nyima se trouve et quel est son état de santé.

La tradition spirituelle tibétaine veut que le Panchen Lama reçoive au monastère de Tashi Lhunpo des soins pour son bien-être , l’instruction et une éducation religieuse adéquate. Cependant, Gedhun Choekyi Nyima est toujours gardé en détention dans des conditions de secret absolu.

Malgré les appels répétés du Gouvernement Tibétain en Exil, d’autres gouvernements affectés, et d’organisations internationales, la Chine a refusé de fournir des informations sur le lieu de détention de Gedhun Cheokyi Nyima ou d’autoriser un observateur indépendant à le voir, lui et ses parents et à confirmer qu’ils se portent bien. En fait, les autorités chinoises ont complètement nié sa détention durant les douze premiers mois. La Chine n’a finalement admis qu’elle détenait le petit garçon et ses parents que le 28 Mai 1996.

La sécurité et l’avenir de Gedhun Choekyi Nyima est un sérieux sujet de craintes. Sa disparition éveille des inquiétudes car cela représente une transgression flagrante des droits humains de l’enfant.

Condamnant la proclamation faite par le Dalaï Lama et ignorant les conventions historiques concernant la reconnaissance des réincarnations, le 25 Novembre 1995, les autorités chinoises firent un tirage au sort dans une urne d’or pour choisir leur propre « Panchen Lama ». Gyaltsen Norbu, âgé de six ans fut choisi et en conséquence intronisé le 8 Décembre 1995, déclenchant des protestations massives dans tout le Tibet. Selon des sources à Pékin, Gyaltsen Norbu ne rendit visite au Tibet qu’en de brèves occasions. « Il fut reçu de façon très mitigée » dit une source, « et maintenant, ils estiment qu’il est préférable de le garder ici [Pékin]« .

Alors que la Chine a pendant longtemps dénoncé le Bouddhisme tibétain et son système de réincarnations comme étant « féodal » et « réactionnaire », le régime athée semble plus que désireux d’abandonner sa position antireligieuse virulente dans le cas du Panchen Lama. La Chine a supprimé toutes les coutumes de recherches de réincarnations.En conséquence, la plupart des monastères du Tibet est laissée sans remplacement de leur plus importantes figures religieuses. Cependant, dans le cas du Panchen Lama, les dirigeants du Parti Communiste autorisèrent la recherche de sa réincarnation dans l’intention de conserver un contrôle ferme sur les affaires religieuses du peuple tibétain assujetti. En désignant leur propre choix du Panchen Lama, la Chine a politisé les questions purement religieuses. Le geste de la Chine sacrant un nouveau Panchen Lama a révélé son désir de consolider et d’étendre sa maîtrise sur les affaires temporelles et religieuses des Tibétains.

La Chine a annoncé que l’action du Dalaï Lama « rencontra une forte opposition venant des cercles bouddhistes tibétains. » Cependant ils semblaient avoir peu de foi dans leurs propres paroles. Peu après la proclamation faite par le Dalaï Lama, des militaires chinois furent envoyés au monastère de Tashi Lhunpo, et des séries d’arrestations furent menées en parallèle avec la question de la réincarnation.

Aujourd’hui dans les monastères du Tibet, des équipes de travail chinoises forcent les moines et les nonnes à dénoncer le Panchen Lama choisi par le Dalaï Lama et interdisent sa photographie, sous peine de 7 années d’emprisonnement.
Le 1er septembre 2007, la Chine a passé une nouvelle loi : « Tous les maîtres bouddhistes, y compris le Dalaï-Lama, ne peuvent pas être réincarnés sans la permission du gouvernement chinois » !!!
Le faux Panchen Lama chinois a été envoyé il y a 3 jours sur les lieux du séisme pour apporter du soutient à la population touchée majoritairement tibétaine. Triste réponse à leur demande au gouvernement chinois de permettre au Dalaï-Lama de les visiter (il n’est plus revenu dans son pays depuis sa fuit en 1959)…

Pour en savoir d’avantage sur le le 11ème Panchen Lama, ça se passe ici

Cette photo a été prise le 10 mars dernier à Dharamsala en Inde, lors de la manifestation du 51eme anniversaire du soulèvement national tibétain. Toute la population exilée des environs y a participé ou presque, y compris les étudiants.

©2010 Benoit FACCHI
(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

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Tchernobyl Day à Colmar

avril 26, 2010

©2010 Benoit FACCHI

Le réacteur de la centrale de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986. Chaque année, le Chernobyl Day met en lumière la catastrophe sanitaire toujours actuelle en Biélorussie, et soutient les milliers de victimes du plus grave accident industriel de l’Histoire.
Pour l’occasion, l’association Stop Fessenheim a organisé une action samedi dernier (24 avril) à Colmar : déambulation dans les rues sur le thème des liquidateurs de Tchernobyl avec déguisements et portraits de liquidateurs.
Dans la nuit du 26 avril 1986 et dans les mois qui suivirent, un million d’hommes, appelés liquidateurs, ont été lancés contre le réacteur de Tchernobyl en feu pour éteindre l’incendie, recouvrir les ruines de la centrale explosée par un sarcophage, improvisé en conditions de radioactivité terrifiante, et pour effacer les conséquences de la catastrophe partout : à la centrale, dans les villages, sur les routes, dans les champs. Ils ont combattu les radionucléides à mains nues, avec des pelles et des jets d’eau. Des dizaines de milliers sont morts et continuent de mourir.

(lecteur audio au dessus des vignettes)

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La photo du lundi #25

avril 5, 2010

©2010 Benoit FACCHI

 

D’après UNICEF, dans le monde, 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès aux toilettes, en particulier en Asie (72%). Avoir des toilettes est une vrai chance, et avoir des toilettes qui fonctionnent à l’eau potable une belle idiotie du monde moderne : en France, 46% de notre consommation d’eau potable y est malheureusement destinée !

 

©2010 Benoit FACCHI

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Retrouvailles #2

mars 16, 2010

Lors de mon précédent voyage en Inde en juillet-août 2008 pour l’association Echanges Himalayens avec la journaliste Laetitia Scuiller, je suis tombé en pleine période pré-Jeux Olympiques. A ce moment, les Tibétains réfugiés multipliaient les manifestations et actions non-violentes contre le gouvernement chinois. Un reportage complet a été réalisé, avec interviews des leaders des ONG tibétaines en exil œuvrant pour la paix au Tibet. Un livret et une exposition, « RANZEN » (liberté en tibétain), ont été produits fin 2008.
Quelques jours avant l’ouverture des jeux, le « Tibetan Youth Congress », l’ONG la plus importante, a organisé une grève de la faim et de la soif à Delhi, capitale du pays. Quand on est arrivé sur les lieux le 9e jour de grève, les huit participants étaient nettement affaiblis, proche d’une mort certaine si on ne faisait rien pour eux.
Ces clichés ont été très difficiles à prendre, je pouvais lire toute la détresse mais aussi la détermination de ces jeunes volontaires au suicide, prêt à tout pour la liberté de leur patrie… tout en sachant pertinemment que mes images n’apporteraient aucune solution au tragique destin du peuple tibétain.
Bien évidemment, ce jour-ci, il n’a pas été possible d’interviewer les grévistes, il leur fallait économiser le maximum de salive, la chaleur suffocante n’améliorant pas leur condition de survie.
Cette année, dans le petit village de Norbulingka en dessous de Dharamshala peuplé essentiellement de réfugiés tibétains (et connu pour son centre d’artisanat), j’ai retrouvé un des huit participants à cette grève de la faim, Wangdue Phontsok. La surprise fut de taille, surtout que il est aujourd’hui plutôt bien portant, complètement métamorphosé à mes yeux, mais dans son corps « normal » d’après lui, c’est la grève qui lui avait fait perdre autant de poids !
J’en ai profité pour faire un portrait, et lui poser quelques questions…

©2010 Benoit FACCHI

Delhi, au 9e jour de grève 08/2008

©2010 Benoit FACCHI

Norbulingka, à l’entrée du centre d’artisanat tibétain 03/2010

Quel âge as-tu ?
W. P. : 32 ans

Quelle est ton occupation actuelle ?
W. P. : Couturier au centre d’artisanat de Norbulingka, je fabrique des Thangkas en tissus (les Thangkas tibétains sont les tableaux traditionnels bouddhistes peints ou brodées qu‘on retrouve dans les temples ou chez les Tibétains les plus fortunés)

Marié ? Des enfants ?
W. P. : Oui, je suis marié et j’ai un fils de 2 ans et 4 mois.

Pourquoi as-tu décidé de répondre à l’appel du Tibetan Youth Congress qui cherchait des volontaires à la grève de la faim ?
W. P. : En tant que Tibétain en exil, j’estime avoir une responsabilité envers mon peuple souffrant au Tibet, je me dois de faire tout ce qui est de mon possible pour les aider.

As-tu parlé de ça à ta famille avant de prendre ta décision ?
W. P. : Non. Avant de me marier, j’ai dit à ma femme que ma vie serait consacrée à la cause tibétaine avant toute chose, même avant ma famille. Elle le sait, elle me supporte et est d’accord avec toutes mes décisions de cette nature. Pour la grève de la faim en 2008 elle a même signé une autorisation au TYC.

Pendant neuf jours, vous n’avez donc rien mangé et rien bu. J’ai entendu que vous refusiez même de vous brosser les dents, c’est exact ?
W. P. : Oui, et on a même refusé de se laver le visage.

A quoi pensais-tu quand tu étais proche de la mort quand je t’ai rencontré le neuvième jour de grève ?
W. P. : J’étais plutôt serein, je me suis toujours préparé à servir ma patrie quelque soit l’action menée, j’étais donc heureux d’avoir une telle chance de participer à cette grève de la faim. J’espère réitérer d’autres actions de ce type dans le futur, si la situation au Tibet ne change pas.

La grève s’est arrêtée ce soir même, le neuvième jour de grève.
Que s’est-il passé quand je suis reparti ?
W. P. : A ce moment j’étais malade, les docteurs nous faisaient uniquement des massages car nous avions décidé de ne pas prendre de médicaments. Je suis tombé inconscient vers neuf heures du soir, puis beaucoup de policiers (indiens) sont venus nous chercher pour nous emmener de force à l’hôpital. Ca s’est donc fini ainsi…

Cette grève de la faim t’a causé des problèmes de santé ?
W. P. : Non. Après l’action, on est resté un mois sur Delhi, pour pouvoir aller faire des examens réguliers à l’hôpital. Les docteurs m’ont dit que je n’avais pas de séquelles, ils ne m’ont pas donné de médicaments.

Es-tu satisfais de cette action ?
W. P. : Oui, pour moi ça été une réelle chance d’y participer. Par la suite je projette de rejoindre d’autres mouvements, quelque soit le danger encouru. Il y a quelques année, Hu Jin Tao (président actuel chinois) était de visite à Delhi. Plusieurs Tibétains ont sauté dans la cour de l’ambassade de Chine pour protester. Pour ma part, j’avais décidé de m’immoler par les flammes en utilisant de l’essence, mais plusieurs femmes tibétaines m’ont arrêté dans mon acte.

Les médiats étrangers ont-ils couvert cette opération ? Suffisamment d’après toi ?
W. P. : Le premier jour plusieurs journalistes nous ont interviewé mais au fur et à mesure que les jours passaient on en voyait de moins en mois ! D’après moi c’est jamais suffisant, sinon le peuple tibétain n’en serait pas là actuellement, on serait tous déjà retourné au Tibet !

Si tu pouvais revenir dans le passé, tu réitérerais ton implication ?
W. P. : Bien sûr que je le referais, et de la même façon ! J’espère même que dans le futur, en plus de ne rien ingérer, on crachera notre salive au fur et à mesure… J’ai demandé au TYC de me contacter s’ils ont besoin de volontaires pour n’importe quelle action future.

Les membres de ta famille sont-ils fiers de ce que tu as fait pour le peuple tibétain ?
W. P. : Oui, tous les membres de ma famille m’ont supporté dans la grève de la faim, et aussi les habitants du village de réfugiés où je suis né en Inde du Sud, à Honsure. Tous sont fiers de mon action.

Le Dalaï-Lama a-t-il commenté votre décision ? Connais-tu sa position concernant ce type d’action ?
W. P. : Des Tibétains m’ont dit que Sa Sainteté nous demandait de ne pas continuer notre grève de la faim, car cela mettait notre vie en péril. En tant que moine bouddhiste compatissant sa réaction est tout à fait compréhensible, il ne soutiendra jamais la souffrance d’une personne. Mais en tant que Tibétain réfugié, nous devons continuer à nous battre, faire de tout notre possible pour la liberté du Tibet.

As-tu un message particulier que tu voudrais adresser aux français qui liraient cette interview ?
W. P. : J’aimerais remercier les Français de tout mon cœur pour avoir supporté le Tibet avant les Jeux de 2008, j’ai même entendu que vous avez réussi à bloquer la flamme olympique lors de son passage à Paris ! J’espère que vous continuerez vos actions en faveur du peuple tibétain… elles sont si importante pour la liberté de mon pays et mes frères !

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Je ne t’ai pas vu lors de la manifestation du 10 mars dernier à Dharamshala (pour le 51e anniversaire de commémoration du soulèvement du peuple tibétain à Lhassa le 10 mars 59), tu n’y étais pas ?
W. P. : Non. Je me suis rendu à Delhi deux jours avant. Le 9 mars, a la veille du jour J, je me suis introduit dans la cour de l’ambassade de Chine accompagné de 21 hommes et 4 femmes, tous munis de drapeaux tibétains et de T-Shirt imprimés pour l’occasion où on pouvait lire distinctement des slogans militants comme « Free Tibet », « China Go Out » ou « Stop Genocide in Tibet »…
Nous savons que les Tibétains à l’intérieur du pays risquent continuellement leur vie pour protester contre les lois injustes des Chinois, ils souffrent beaucoup. En tant que réfugiés on a l’habitude de dire qu’on est avec eux, on les soutient toute l’année, pas seulement le jour du 10 mars… c’est pour cette raison qu’on a décidé d’y aller un jour avant. Beaucoup de médiats ont répondu à notre appel, et ils étaient tous présent à ce moment. Nous avons pu leur expliquer notre démarche.
On s’est donc rendu à l’ambassade, et on s’est tous enchainé à des piliers dans la cour de l’ambassade, de ce fait les officiers ont mis pas mal de temps à nous déloger ! On est bien resté 20 min à l’intérieur de l’ambassade à protester. Tout s’est passé sans aucune violence, ils ont juste pris notre nom et autres renseignements avant de nous relâcher ensuite…

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Ça y est, la manif est terminée, il ne me reste plus qu’à faire ma sélection de photos et écrire un bel article pour le journal…

©2010 Benoit FACCHI

 

©2010 Benoit FACCHI

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A Dharamasla, chef lieu du gouvernement tibétain en exil en Inde, les réfugiés préparent la grande manifestation du 10 mars prochain, le jour national du soulèvement du peuple tibétain en 59.
Samedi dernier, une marche aux chandelles a déjà eu lieu, organisée par l’association Student for a Free Tibet, en réponse à l’opération de nettoyage « Strike Hard Campaign» menée par le gouvernement chinois à Lhassa et ses environs. Les moines, suivis de quelques tibétains et même de certains touristes supporters, avancent en file indienne dans la rue principale de Dharamsala munis de bougies, drapeaux, slogans imprimés, et une photo du Dalaï Lama, en avant du cortège. Sur le bord de la route, on retrouve des tibétains de toutes générations venus encourager les manifestants. Toutes ces personnes ont un espoir commun : celui de pouvoir retourner un jour dans leur pays le Tibet.
D’après le rapport du 4 mars diffusé sur le site du gouvernement chinois, près de 500 Tibétains seraient détenus de force et plus de 1400 agents des forces de l’ordre sont déjà déployés en prévision du 10 mars. Barrages, interdiction de circuler dans certains quartiers, contrôlent systématiques, interrogations et arrestation abusives… tel est le quotidien des Tibétains depuis quelques jours.
Le 10 mars prochain marque le 51eme anniversaire du soulèvement national tibétain, le jour où les Tibétains manifestèrent dans les rues de Lhassa la capitale pour protester contre l’invasion chinoise et l’occupation illégale de leur pays. Une semaine plus tard, le Dalai Lama fut contraint de fuir vers l’Inde. Dans les mois qui suivirent son évasion, des dizaines de milliers de Tibétains furent éliminés par les militaires chinois qui stoppèrent brutalement le soulèvement.
Malgré plus d’un demi-siècle sous les règles chinoises, les Tibétains continuent de garder espoir. A l’intérieur du Tibet, beaucoup de gens prennent des risques inconsidérables pour continuer la lutte vers la liberté, tandis qu’à l’extérieur, Tibétains et partisans n’arrêtent pas de manifester contre le gouvernement chinois.

Après la marche pacifique, les manifestants se sont retrouvés au Tsuklakhang (le temple du Dalai Lama à Mc Leod Ganj en Inde, au dessus de Dharamshala), pour se recueillir et chanter des prières… au dessus de cette galerie, il vous est possible d’écouter un enregistrement audio.

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La photo du lundi #09

décembre 14, 2009

Cette semaine, la photo du lundi se doit d’être militante. Ce week-end, la manifestation à Copenhague ne concernait pas uniquement le climat, mais également contre toutes le injustices perpétrées par les dirigeants des pays rassemblés dans la ville. Une occasion pour les militants de toutes causes et nationalités d’unir leur voix pour se faire entendre : écologistes, humanistes, anarchistes… tous unis contre ce système qui mène l’homme à sa propre perte.
J’ai photographié ces deux enfants dans un très petit village (une dizaine de petits bâtiments seulement) perché dans les hautes plaines du Ladakh, entre 4000m et 5000m d’altitude. Ce lieu abrite un TCV (Tibetan School Village mis en place par le gouvernement tibétain en exil pour l’éducation des enfants exilés) pour les fils de nomades tibétains réfugiés dans le Ladakh.
Les visages des enfants m’ont marqué, surtout leurs regards ; des yeux d’adultes dans des petits corps d’enfants malades….

©2008 Benoit FACCHI
(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Les enfants dans le monde :

> Guerre
300 000 enfants enrôlés aujourd’hui dans différentes guerres à travers le monde…
6 000 000 d’enfants blessés gravement depuis 15 ans…
10 000 000 d’enfants traumatisés…
11 000 000 d’enfants réfugiés ou déplacés….
Plus fragiles, plus vulnérables, les enfants sont les premières victimes des guerres et autres conflits armés. S’ils ne sont pas tués ou blessés grièvement, ils restent traumatisés à vie après avoir servis comme soldats ou avoir perdus toute leur famille.

> Famille et Santé
650 000 000 d’enfants vivent dans la pauvreté absolue…
800 000 000 d’enfants souffrent de malnutrition…
250 000 enfants et adolescents dans le monde sont infectés par le virus du SIDA chaque semaine…
12 600 000 d’enfants de moins de 15 ans sont orphelins en raison du SIDA…
32 000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour pour des raisons qui auraient pu être évitées…
Un toit, des repas correct, des médicaments en cas de maladies… Tout cela semble le minimum que des parents puissent offrir à leurs enfants. Pourtant sans parler des orphelins qui n’ont souvent d’autres choix que de vivre dans la rue, la famille est pour des millions d’enfants de par le monde incapable de leur procurer le minimum vital.

> Travail
250 000 000 d’enfants de 5 à 14 ans travaillent…
60 000 000 d’enfants de 5 à 11 ans effectuent des tâches dangereuses…
1 000 000 d’enfants ont été recrutés chaque année pour la prostitution depuis 1989…
1 000 000 d’enfants sont victimes d’exploitation sexuelle en Asie…
Insuffisante capacité d’accueil des écoles, pauvreté absolue qui réclament la contribution de tous à la survie de la famille, persistance de l’exploitation sexuelle des enfants notamment à travers le développement du tourisme sexuel, le travail des enfants a de multiples causes et constitue aujourd’hui la principale source d’exploitation de l’enfant.

> Education
130 000 000 d’enfants sont privés de tout accès à l’école…
60 % des enfants non-scolarisés sont des filles…
150 000 000 d’enfants quittent l’école sans avoir acquis les notions élémentaires de calcul, de lecture et d’écriture…
Dans les pays en développement, le manque d’accès à l’éducation, et surtout à une éducation de qualité, est dramatique. Non-scolarisation, abandon précoce de l’école, enseignement déconnecté des réalités quotidiennes… ses carences d’éducation renforcent pour les enfants qui les subissent les risques de tomber dans la pauvreté absolue.

Rapport 2000 de l’Unicef sur la situation des enfants dans le monde

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Un Noël irradieux à Colmar

décembre 14, 2009

Samedi dernier, alors qu’à Copenhague se déroulait le grand rassemblement pour le climat, diverses actions et manifestations ont été organisées un peu partout dans le monde par les militants écologistes, comme par exemple à Marseille.
Le réseau national Sortir du Nucléaire qui a lancé la grande campagne DON’T NUKE THE CLIMATE il y a déjà plusieurs mois appelaient les antinucléaires à organiser des actions un peu partout en France.
A cette occasion, l’association Stop Fessenheim a organisé une action nommée « un Noël irradieux à Colmar » : interpellation des promeneurs, mises en scènes, distribution de tracts et de cadeaux irradiés… le tout avec humour et ironie.

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