Mali

La photo du lundi #88

En janvier 2011, lors de mon séjour au Mali, j’ai passé quelques jours dans la ville de Diabaly, à 400km au nord de Bamako, aujourd’hui aux mains des jihadistes… Je lis sur le web que la ville « est prise entre les feux des islamistes, chassés par des bombardements aériens français depuis la frontière mauritanienne. » Apparemment le gouvernement malien a demandé aux habitants de rester chez eux, dans leurs maisons, c’est à dire dans des maisons en banco, en terre et en paille ! Certains articles parlent de balles perdues, d’habitants touchés, de bergers dépossédés de leur bétail…
Difficile pour moi d’apprendre ça, j’ai en effet le souvenir d’un endroit paisible, avec ses enfants à chaque coins de rue, ses anciens réunis pour prendre le thé devant les maisons… De plus, une grande partie de la famille de mon ami Ousco, qui m’avait accueilli à l’époque, habite Diabaly.
Courage mon frère, et que la paix revienne au Mali !

En 2011, j’ai aussi posté un article sur le dispensaire de Diabaly, qui manquait de matelas.

Ousco et son groupe, SMOD, viennent de composer un titre pour la paix au Mali, qu’on peut écouter sur Youtube.

Expo photo : Le Coq et le Caïman

Ça fait vraiment très longtemps que je n’ai plus mis mon blog à jour…

Depuis juin dernier, j’enchaîne les commandes, j’espère pouvoir bientôt trouver un peu de temps pour en parler ici : pas mal de reportages, plusieurs commandes de portraits, des paysages (ce matin au lever du soleil j’étais au dessus des nuages… en ce moment il y a de magnifiques mers de brouillards !), des photos de spectacles (je travaille maintenant avec Les Dominicains de Guebwiller pour couvrir leurs évènements culturels), des photos de pub…

A côté de tout ça, je crée un nouveau site Internet qui contiendra le blog, portfolio, archives, photothèque, publications… J’espère pouvoir le mettre en ligne début 2012.

En attendant, je vous invite ce week-end, à venir découvrir une série de 31 portraits réalisée à Bamako (Mali) en février dernier, au Salon International du Tourisme et des Voyages de Colmar.

©2011 Benoit FACCHI

 

Le Coq et le Caïman

Bamako, la capitale du Mali, est traditionnellement représentée par le caïman, tout comme le coq pour la France. A travers une série de portraits, je donne la parole aux Bamakois croisés sur ma route, en essayant de comprendre le lien perdurant entre « Maliba » et son pays colonisateur, 50ans après son indépendance.

Chaque portrait est donc accompagné d’un petit texte tiré d’une discussion avec la sujet photographié, en rapport avec la France, son pays colonisateur.

Pour vous donner l’envie de venir, voici 3 planches de la série :

©2011 Benoit FACCHI

©2011 Benoit FACCHI

©2011 Benoit FACCHI

L’expo est donc en place pour tout le week-end au Parc des Exposition de Colmar, dans l’espace « Solidarissimo » (Hall 5), dédié au tourisme et à l’économie solidaire.

La photo du lundi #71

Lors de mon séjour au Mali, j’ai fait quelques portraits du groupe SMOD, le rdv était donné sur la terrasse des parents de Sam en fin de journée.

©2011 Benoit FACCHI

Le même jour, Amadou, le père de Sam, a reçu la médaille d’officier de l’ordre national du Mali, il s’est joint au groupe pour quelques photos…

©2011 Benoit FACCHI

Samedi prochain, le 26 mars, les SMOD seront à Colmar au parc expo à l’occasion du 50e anniversaire du CCFD.

Des matelas pour le CSCom de Diabaly !

Lors de mon voyage au Mali, je suis passé par Diabaly, un village du cercle de Niono dans la région de Ségou, à 400km au nord de Bamako. C’est là qu’est né mon ami Ousco du groupe SMOD, nous sommes allés visiter sa famille. Pendant le séjour, sa mère qui est infirmière au centre de santé du village a demandé à son fils de m’emmener au dispensaire pour voir « si on peut faire quelque chose pour les lits ».
A vrai dire je ne suis pas très friand de visites d’hôpital, encore moins dans les pays qui sont en difficulté, je trouve même cela malsain si la venue n’a pas un but précis. Si j’ai décidé d’y aller, c’est parce qu’on m’a parlé d’un soucis qu’il serait utile de témoigner, et pourquoi pas trouver quelques bonnes âmes à travers cet article !

Là bas, je suis reçu par Gaousou Coulibaly, il assiste un collègue qui soigne une fillette atteinte d’une crise de paludisme.

©2009 Benoit FACCHI

Camera
NIKON D7000
Focal Length
17mm
Aperture
f/4
Exposure
1/80s
ISO
1000

Gaousou travaille actuellement au Centre de santé Communautaire (CSCom) de Diabaly, en tant qu’infirmier d’état. Après avoir suivi des études de technicien de santé à l’université de Bamako, il est retourné au village « pour aider et soigner ses frères, amis et voisins ».
« Ici, on vient surtout pour se faire vacciner et traiter une crise de palu. Beaucoup d’enfants sont hospitalisés, car ils sont plus vulnérables que les adultes et souvent plus exposés aux moustiques. On soigne aussi les IRA (Infection Respiratoires Aiguës), les conjonctivites, les troubles liés à la grossesse et on s’occupe des petits accidents…  »

Dix-neuf villages sont concernés par le dispensaire, sur un cercle de 15km. Une vingtaine de bénévoles, stagiaires ou salariés s’occupent de la santé d’environ 50 patients permanents, auxquels s’ajoutent ceux des consultations journalières. Le CSCom est financé par le Millenium Challenge Account, un fond américain. A travers ces dons, les États-Unis souhaitent « contribuer à la croissance accélérée et à la lutte contre la pauvreté dans les PMA » (Pays les Moins Avancés).

©2009 Benoit FACCHI

Camera
NIKON D7000
Focal Length
17mm
Aperture
f/3.2
Exposure
1/80s
ISO
1000

Gaousou me fait visiter le centre et s’arrête dans une pièce où sont entreposés des lits vides. « Une ONG américaine est venue construire le dispensaire, et a également fourni des médicaments, du matériel de soins, des couvertures, des lits… Toute l’équipe est très satisfaite de ce soutient, mais il y a un gros problème : les lits ne sont pas équipés de matelas !!! »

©2009 Benoit FACCHI

Camera
NIKON D7000
Focal Length
17mm
Aperture
f/3.2
Exposure
1/80s
ISO
1000

Simple oubli ou une aberration de plus comme j’ai eu l’habitude d’en vivre au Mali ?!
Toujours est-il que le dispensaire abrite aujourd’hui des dizaines de lits et berceaux démunis de matelas, près de 3O manquent à l’appel. « On est obligé de demander aux patients ou aux membres de leur famille d’amener leur propre matelas pour une perfusion ou autre, c’est une aberration ! » commente l’infirmier en secouant la tête…

Avant de retourner au chevet des malades, il me confie son rêve : « Venir en France ! La France, c’est le premier ami du Mali, c’est le pays qui nous aide le plus. J’aimerais y aller, simplement pour étudier, et ainsi apprendre comment aider encore mieux les gens du village. Les études sont limitées au Mali, on a besoin de la France pour être plus qualifié. »

On se sert la main, une voix l’appelle au loin… en me quittant il me rappelle : « N’oublie, pas, ici, nous avons besoin de matelas ! »

Si vous souhaitez soutenir le dispensaire de Diabaly pour acheter des matelas sur place, je peux servir d’intermédiaire, ou contactez directement Ousco. C’est lui qui garantira le bon acheminement de l’argent pour que ces lits puissent être équipés le plus rapidement possible.

©2009 Benoit FACCHI

J’en profite pour remercier JLM, je sais qu’il me lira, pour sa générosité envers Benoit mon ami Dogon gardien à Bamako.

La photo du lundi #66

Dans le petit hôpital de Diabaly, cette jeune fille du village est atteinte d’une crise de paludisme. Dans son malheur, la fillette a quand même deux chances : la première c’est d’être soignée dans cet hôpital…et la seconde d’avoir un matelas ! Vous comprendrez mieux dans mon prochain article…

©2011 Benoit FACCHI

En 2008, le paludisme a été à l’origine de près d’un million de décès, pour la plupart des enfants africains. Trois milles enfants meurent du paludisme par jour en Afrique sub-saharienne. Au Burkina Faso, cette maladie tue 15 000 enfants par an, soit 41 par jour. Le paludisme est la première cause d’hospitalisation et de consultation dans les centres de santé.
Malgré ces chiffres alarmants, « sur les quelque 2 800 molécules transformées ces cinq dernières années en médicaments, seules treize avaient un rapport avec les maladies du Sud ! Pourtant, toutes ces recherches sont subventionnées. Cela représente des milliards de dollars d’investissement de la part de la communauté internationale. En vérité, l’industrie pharmaceutique oriente ses efforts vers des clients solvables. Même mécanisme d’infiltration et de détournement en ce qui concerne l’aide internationale. » Jean Ziegler

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